Manger fait partie des grands plaisirs de la vie. Il est important que cela puisse le rester quel que soit son âge et son état de santé. Manger comporte également une grande dimension symbolique. L’alimentation est un besoin vital mais va bien au-delà du simple fait de se nourrir. Elle touche à notre identité, notre culture, voire notre spiritualité pour les personnes ayant une croyance religieuse.
L’objectif de cet article est de donner aux aidants de personnes âgées dites « fragiles » des conseils pratiques pour les accompagner au mieux dans leur quotidien. J’entends par « fragile » une personne âgée de plus de 55 ans ayant une ou plusieurs pathologies chroniques ou qui présente des facteurs de risques.
Avertissement: cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Les conseils nutritionnels présentés sont issus d’informations scientifiques et de recommandations validées. Il aborde des sujets potentiellement sensibles ou stressants pour le lecteur, tels que la maladie, les troubles des conduites alimentaires, la dépendance.
L’alimentation
La fréquence des repas
Idée reçue : une personne âgée n’a plus besoin de manger autant qu’avant.
C’est faux !
Après 60 ans, les besoins en protéines augmentent à cause des modifications métaboliques liées au vieillissement (*ensemble des réactions chimiques nécessaire pour assurer les fonctions vitales). Pour une même activité, la dépense énergétique va augmenter. Par exemple, faire une heure de natation va demander plus d’apports énergétiques qu’auparavant.
Physiologiquement, l’appétit diminue spontanément. La perception des goûts baissent, en particulier le salé, d’où l’appétence pour le sucré. L’odorat est également moins performant. Le transit a tendance à ralentir, il met plus de temps à démarrer et dure plus longtemps.
Le rythme idéal est de 3 repas et 1 collation par jour, en ne dépassant pas 12h entre le dîner et le petit-déjeuner le lendemain. Le dîner ne doit pas être sous-estimé. La satiété favorise l’endormissement. A l’inverse, il va être plus difficile de s’endormir en ayant un « petit creux ».
Ce rythme permet de bien répartir les apports dans la journée et de réguler la glycémie (*taux de sucre dans le sang).
Il est préconisé d’espacer de 3h deux repas ou collation. Le grignotage est à éviter.
Sanctuariser le repas
Si possible, impliquer la personne âgée dans la liste de courses et le choix des menus. Faire les courses ensemble. L’encourager à participer à la préparation des repas.
Pour les personnes isolées, le portage des repas peut-être une solution. Il existe plusieurs types d’organismes susceptibles de proposer ce service : la mairie, des services associatifs ou privés commerciaux.
Vous pouvez vous renseigner auprès de votre mairie, du CCAS(= Centre Communal d’Action Sociale) ou du CLIC (= Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique du territoire).
Les difficultés du quotidien
La perte d’appétit
| Si… | Vous pouvez… |
| La personne âgée est vite rassasiée. | * Fractionner les repas dans la journée. * « Enrichir » les repas avec du fromage râpé, du lait concentré, de la crème fraîche etc. |
| N’aime plus la viande. | Diversifier l’apport de protéines animales : poisson, œuf, produits laitiers. |
| Est végan (*mode de vie excluant tous les produits d’origine animale) | *Voir avec le médecin traitant ou un.e médecin nutritionniste pour des compléments alimentaires (vitamine B12, D, omega-3, iode, fer, zinc, calcium) pour prévenir le risque de carence nutritionnelle. *Demander conseil auprès d’un.e diététicien.ne diplômé.e. |
| Prend beaucoup de médicaments. | Voir avec le médecin ou le pharmacien si le médicament peut être pris à un autre moment. Attention! certains médicaments ne doivent pas être écrasés ou mélangés avec la nourriture. Retrouver la liste ici. |
| La personne n’a pas le moral. | *Solliciter l’entourage pour ne pas manger seul. *Informer le médecin traitant. *Demander l’aide d’un.e psychologue |
La perte de goût
Comme nous l’avons vu, la perception des saveurs diminue avec l’âge. Plusieurs causes peuvent entrer en jeu : certains médicaments altèrent le goût, une mycose buccale, une mauvaise santé bucco-dentaire, une sécheresse de la bouche, un régime sans sel, de la déshydratation, la dénutrition, une maladie…
Pour relever les saveurs, utilisez des condiments :
- Herbes fraîches et sèches : Basilic, thym, romarin, persil, coriandre, menthe,
- Épices : Paprika, cumin, curcuma, poivre noir, cannelle, curry, muscade, safran, ras el hanout, cube maggie,
- Sauces : Sauce soja, sauce Worcestershire, tabasco, sauce barbecue,
- Huiles aromatisées : Huile d’olive, huile de sésame, huile de noix,
- Citrons et vinaigres : Jus de citron, vinaigre de cidre, vinaigre de vin rouge, vinaigre balsamique,
- Condiments divers : Moutarde, ail, oignon, échalotes, sel, gingembre râpé, miso, miel, sirop d’érable, concentré de tomates…
Lorsque le plat est mixé, ajouter du jus, pour compenser la perte de saveurs.
Les difficultés à manger
Bien mâcher permet de révéler les odeurs et les saveurs et stimule l’appétit. Si la personne a des problèmes de dents ou de dentier, consulter un dentiste au plus vite.
Privilégier une alimentation plus tendre : plat mijoté, papillote, laitage, œuf, fruits bien mûrs, compote.
Problèmes buccaux
Si la bouche est très rouge ou blanche, la personne souffre peut-être d’une mycose buccale, pour laquelle il faut consulter un médecin. Si cela est confirmé, levez le pied sur les épices le temps de régler le problème. Faire attention à la température et privilégiez des plats tièdes. Proposez des produits aqueux pour éviter la déshydratation.
En cas d’aphtes, privilégier une alimentation lactée froide (*produits laitiers consommés froids) qui permet d’apaiser la douleur et réduire l’inflammation.
Difficulté à avaler
Si la personne tousse pendant les repas, il est possible qu’elle ait des troubles de la déglutition. C’est un phénomène complexe impliquant plusieurs fonctions (neurologique, musculaire, osseuse). Les troubles augmentent avec l’avancée dans l’âge. Cela entraîne un risque de fausse route (*passage des aliments dans les voies respiratoires) . Parlez-en au médecin pour qu’il puisse établir un diagnostic et orienter vers un.e kinésithérapeute ou un.e orthophoniste pour de la rééducation.
Pour éviter le sentiment de frustration et d’exclusion, le choix du régime doit reposer sur une évaluation précise. Suivant l’évolution, le médecin pourra recommander de modifier la texture en moulinée ou mixée (sans grumeaux), d’épaissir les liquides et de proposer de l’eau gélifié.
Éviter les aliments secs (noix, noisettes), durs (pomme), qui s’éparpillent (pâte feuilletée), double texture dure à l’extérieur et molle à l’intérieur (melon, pastèque, ronds (raisin, olives), petits (riz, semoule), fibreuse (jambon cru, poireau).
En pratique :
- Bien positionner la personne à table : le haut du corps droit, la tête légèrement penchée vers l’avant,
- Prendre le temps de bien mastiquer,
- Manger par petites bouchées,
- Boire par petites gorgées,
- Privilégier des aliments tendres,
- Attendre 30 min/1h avant de s’allonger pour éviter les régurgitations.
Le risque d’escarre
Les escarres sont des plaies sur la peau liées à l’immobilité. Une bonne alimentation permet d’optimiser la cicatrisation.
Les pathologies
Le diabète
Le diabète prédispose à la déshydratation qui élève le taux de glucose. La personne âgée diabétique doit boire abondamment. Les problèmes dentaires sont également plus fréquents dans cette pathologie.
Le risque principal est l’hypoglycémie (* diminution du taux de sucre dans le sang).
Quelles sont les principales mesures de prévention ?
- Suivre rigoureusement son protocole de soin,
- Ne pas sauter de repas,
- Eviter le grignotage,
- Avoir une activité physique régulière,
- Faire attention aux boissons sucrées et à la consommation d’alcool en dehors des épisodes d’hypoglycémie.
Les problèmes cardio-vasculaires ( hypertension artérielle, surpoids, hypercholestérolémie)
En France, les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité.
Les facteurs de risques sont l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie.
Quelles sont les principales mesures de prévention ?
- Privilégier le poisson et les morceaux de viande maigre,
- Limiter la charcuterie et les fromages gras,
- Pratiquer une activité physique quotidienne (idéalement l’équivalent de 30 min de marche rapide par jour).
- Certaines eaux gazeuses, sont déconseillées aux patients cardiaques. Voir avec son médecin référent.
Le cancer
Le traitement du cancer est souvent éprouvant, provoquant des vomissements, des aversions alimentaires, des troubles de la déglutition, des douleurs provoquant des pertes d’appétit.
Pour maintenir le plaisir de manger, discutez régulièrement avec la personne sur l’évolution de ces goûts au cours de la maladie, veillez à l’assaisonnement des plats, faites attention à la température, supprimez les aliments avec une forte odeur (friture, choux).
La nutrition entérale
Lorsque les troubles de la déglutition sont associés à des risques d’étouffement ou d’infection, les médecins peuvent proposer, de façon provisoire, une alimentation par le biais d’une sonde.
La maladie d’Alzheimer
Cette maladie neuro-cognitive a des répercussions sur l’alimentation tout au long de l’évolution des troubles. Les difficultés vont varier d’une personne à l’autre. Environ 20 à 30 % des patients vont avoir une perte de poids significative durant la maladie.
Certains troubles du comportement alimentaire peuvent apparaître dès les premiers stades de la maladie.
Les symptômes en lien avec l’alimentation
Avec l’avancée de la maladie, le système nerveux végétatif, qui contrôle les fonctions automatiques du corps, comme la digestion, l’appétit, la respiration, la circulation sanguine, la pression artérielle, la régulation de la température corporelle, peut se mettre à dysfonctionner. Cela peut avoir des conséquences avec une perte d’appétit ou à l’inverse une insatiabilité, entraînant une perte ou une prise de poids importante.
Les troubles du geste (apraxie) et de la reconnaissance (agnosie) rendent difficile les gestes du quotidien. Par exemple, l’utilisation des couverts. Autre exemple, des personnes malades peuvent ingérer des produits non comestibles (savon, papier, laine etc…) car ils ne les reconnaissent plus.
Les oublis (problème de mémoire à court terme). Très fréquent, dès les premiers stades, la personne malade oublie peu à peu ses habitudes alimentaires. Elle ne se rappelle pas de ce qu’elle a mangé au dernier repas. Elle peut penser qu’elle a déjà mangé ou au contraire qu’elle n’a pas mangé alors qu’elle vient de sortir de table.
Les troubles de l’attention. Les capacités d’attention se réduisent (environ 10 min). De ce fait, la personne malade peut avoir du mal à se concentrer sur son repas. Raison pour laquelle elle peut se lever régulièrement.
Les troubles du comportement (opposition, agressivité) peuvent également avoir des répercussions sur l’alimentation. Les temps de repas peuvent dégénérer en conflit.
Recommandations générales
- Associer la personne à la préparation du repas si possible. Cuisiner peut être une activité bénéfique à bien des niveaux: social, cognitif, estime de soi. Elle permet de satisfaire les besoins suivants : action, coopération, échange, partage. Sentir les odeurs permet de stimuler les sens et d’ouvrir l’appétit.
- Garder un rythme et des horaires fixes.
- Éviter les distractions : sources sonores, visuelles. La personne malade a du mal à maintenir son attention. Elle va être facilement distraite.
- Éviter les doubles tâches (faire deux choses en même temps). Par exemple: manger et regarder la télévision.
- Éviter de dresser une table trop chargée (sur-stimulation sensorielle)
- Limiter les ustensiles (carafe, salière, poivrière) qui peuvent détourner l’attention ou induire des gestes inappropriés.
- Privilégier les nappes et vaisselles unies. La maladie a des répercussions visuelles (mauvaise perception et évaluation des reliefs, rétrécissement du champ visuel, sensation visuelle brouillée).
- Privilégier les contrastes de couleurs dans l’assiette.
- Privilégier si besoin le « finger food » (*manger avec les doigts). Par exemple: mini-quiche, bouchées, mini-pizza, boulettes de viande, mini-sandwich, tartelettes, brochettes de fruits, bâtonnets de légumes etc).
- Éviter les commentaires sur le comportement alimentaire. Ce n’est jamais agréable d’avoir quelqu’un derrière son épaule qui commente ses faits et gestes. Même si cela part d’une bonne intention, cela peut être vécu comme infantilisant et raviver des troubles des conduites alimentaires antérieurs.
- Valoriser l’autonomie de la personne malade, en la laissant faire par elle-même le plus possible.
- Ne présenter qu’un seul plat à la fois pour éviter le risque de distraction.
- Rappeler calmement les étapes à suivre. Si besoin, faire les gestes pour favoriser le mimétisme.
- Maintenir les repas en famille et entre amis.
- Privilégier les aliments préférés. L’essentiel est que la personne mange à sa faim et avec plaisir.
Le régime méditerranéen est-il bénéfique ?
Le régime dit méditerranéen ou crétois, très en vogue ces dernières années, aurait un rôle préventif selon plusieurs études1. Pour les personnes déjà atteintes de la maladie d’Alzheimer, suivre ce régime pourrait également être bénéfique. Il permettrait le ralentissement du déclin cognitif et l’amélioration de la qualité de vie de par son action antioxydante et anti-inflammatoire.
Ce régime se compose de fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, poissons, huile d’olive, quelques produits laitiers et un verre de vin rouge durant le repas. Peu de viande rouge et de produits transformés.

Le cas de l’aidant
S’occuper d’une personne malade est éprouvant physiquement et mentalement. Surveillez votre poids et votre propre alimentation.
Si vous êtes épuisé ou ne pouvez pas être présent quotidiennement, passez le relais à des organismes compétents pour instaurer le portage des repas (voir plus haut). Prenez contact auprès de l’association France Alzheimer de votre département qui propose des actions gratuites à destination des aidants (formation, groupe de parole, entretien psychologique, écoute téléphonique).
Les troubles du comportement alimentaire
« Les troubles des conduites alimentaires (=TCA) et de l’ingestion d’aliments se caractérisent par des perturbations persistantes de l’alimentation ou du comportement alimentaire entraînant un mode de consommation pathologique ou une absorption de nourriture délétère pour la santé physique ou le fonctionnement social » (définition DSM-5® – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux)
Les trois troubles les plus fréquents sont l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie.
L’origine des TCA est complexe et multifactorielle, impliquant des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux, environnementaux, culturels. Les TCA chez les personnes âgées sont souvent sous-diagnostiqués.
La solitude, les deuils successifs, les problèmes de santé mentale, les changements dans les habitudes alimentaires sont autant de facteurs de risques. Une personne âgée en rémission de ces troubles pendant une partie de son existence peut rechuter à l’occasion d’un événement particulier (deuil, entrée en ehpad…).
L’addiction à l’alcool
Les dangers d’une consommation excessive d’alcool ne sont plus à prouver. On peut citer:
- les conséquences sur la santé mentale (addiction, dépression, anxiété, isolement, conflit),
- les risques cardio-vasculaires,
- les facteurs de risque dans la survenue de certains cancers,
- les problèmes hépatiques,
- les troubles cognitifs (majoration de troubles, syndrome de Korsakoff),
- les risques de blessures (chute, blessure, bagarre, accident de la route).
Une étude récente a montré l’effet délétère de l’alcool, chez des personnes âgées fragiles et précaires et ceci même à faible dose.
Parler avec son proche âgé de sa consommation d’alcool n’est pas évidente et demande du tact. L’aidant peut essayer de repérer les situations à risques et proposer des boissons alternatives (cocktail sans alcool).
Il est fréquent de ressentir du découragement et de l’impuissance face à une situation qui dure parfois depuis des décennies, alors faites vous aider par des professionnels. Il n’est jamais trop tard pour réduire sa consommation mais un sevrage comprend des risques. Il doit être supervisé médicalement.
A qui s’adresser?
- Le médecin traitant,
- Un médecin addictologue,
- Un.e psychologue formé.e dans l’accompagnement des addictions,
- un CSAPA (=Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie),
- Alcool Info Service
- les Alcooliques Anonymes (=AA)
Les 4 points à surveiller

Surveillance du poids
L’accompagnement d’une personne âgée « fragile » demande une vigilance particulière du poids.
Pour cela, disposer d’un pèse-personne à domicile. Comment procéder : aider la personne si besoin, à se peser sans chaussures, si possible, à la même heure, une fois par mois. La personne doit se peser toutes les semaines dans les circonstances suivantes: fortes chaleurs, maladie, après une hospitalisation, un choc affectif, une insuffisance cardiaque récente,
Lorsque le poids varie rapidement, perte d’1 à 2 kg par semaine, alertez le médecin traitant. Encouragez la personne à boire car il y a un risque de déshydratation.
Au contraire, une prise de poids de 1 à 2 kg par semaine peut révéler une rétention d’eau. Il faut également alerter le médecin traitant pour évaluer la situation.
Quand s’alerter ? Lorsque la personne perd 5 % de son poids en 1 mois ou 10 % en 6 mois. Ce qui correspond pour une personne de 60 kg à une perte de 3 kg en 1 mois ou 6 kg en 6 mois.
Le cas du surpoids et de l’obésité
Idée reçue : une personne en surpoids ne peut pas souffrir de dénutrition.
C’est faux!
Le surpoids et l’obésité n’ont pas le même impact sur la santé que pour une personne jeune. Une perte de poids chez une personne âgée de plus de 70 ans n’est pas forcement bénéfique au niveau cardio-vasculaire mais permet d’améliorer sa mobilité, ses capacités respiratoires et sa qualité de vie.
Dans le cas d’un IMC supérieur à 30, l’objectif est de l’aider à stabiliser son poids pour éviter les retentissements sur sa mobilité et sa vie sociale et de pratiquer une activité physique pour maintenir la masse musculaire.
Le risque de dénutrition
La dénutrition survient quand le corps n’obtient plus ou n’absorbe plus correctement les nutriments. Cela se traduit par une perte musculaire, de la fatigue, une plus grande vulnérabilité aux maladies infectieuses, l’aggravation d’une maladie chronique, un risque de dépression et de chute.
Quels sont les principaux facteurs de risques?
Sachant qu’un seul facteur est suffisant:
- précarité financière,
- perte d’autonomie,
- veuvage, solitude, dépression
- problèmes bucco-dentaires,
- régimes restrictifs,
- troubles de la déglutition,
- consommation de 2 repas par jour uniquement
- constipation
- prise de plus de 3 médicaments par jour
- perte de poids
- albuminémie <35g/L ou cholestérolémie <1,60g/L
- une maladie aiguë sévère
Comment la repérer ?
Surveillez le poids. Un IMC (=Indice de Masse Corporelle) inférieur à 21 doit alerter. Vous pouvez le calculer sur le site de l’assurance maladie. Être attentif à l’appétit et à l’apparence de la personne (vêtements qui flottent). Vérifier si l’animal de compagnie ne grossit pas, ce qui peut indiquer qu’il mange les plats à sa place.
L’hydratation
Boire est indispensable pour le bon fonctionnement des reins et du transit intestinal. Avec l’âge, la sensation de soif disparaît.
Quels sont les principaux signes de déshydratation?
- bouche sèche,
- difficulté à déglutir,
- peau qui se fripe,
- urines foncées,
- constipation/diarrhée/vomissement,
- asthénie (*fatigue anormale).
L’idéal pour une personne âgée est de boire entre 1 et 1,5 l de liquide par jour, en dehors des apports alimentaires.

Comment encourager à boire ?
Varier les liquides : eau plate ou gazeuse, aromatisée, potages, bouillons, soupes, jus de fruit, lait nature ou aromatisé, thé, café, chicorée, tisanes, sirop.
Mettre le verre en évidence, prévoir des objets faciles à manipuler (petites bouteilles).
Il est parfois plus facile de passer par une tierce-personne, alors demandez au médecin s’il peut spécifier sur l’ordonnance la quantité d’eau à boire et à quel moment.
Lorsque la personne a bon appétit mais n’aime pas boire, privilégier les aliments qui apportent beaucoup d’eau (yaourt, melon, tomate, pastèque, sorbet etc).
Les situations à risques
- Petit appétit.
- Chaleur (fièvre, canicule, espace surchauffé)
- Certains médicaments qui augmentent la perte d’eau.
- Attention à l’alcool, celui-ci déshydrate de par son action diurétique (* il augmente la production d’urine).
| Si… | Vous pouvez… |
| La personne âgée souffre de fuites urinaires ou d’incontinence. | *Installer une chaise percée à proximité du lit, un pistolet urinoir. * Porter des vêtements faciles à enlever. *Faciliter les déplacements dans l’appartement en réaménageant certains espaces. *Utilisez des protections le moment venu. * Éviter les boissons diurétiques (caféine , thé, alcool) surtout le soir. |
| La personne âgée a des problèmes de déglutition. | *Alerter le médecin pour faire un bilan chez un.e orthophoniste ou un.e kinésithérapeute * Suivre leurs conseils diététiques et mettre en place des boissons gélifiées si besoin. |
| Se réveille la nuit pour aller aux toilettes. | Privilégier les boissons le matin jusqu’en fin d’après-midi. |
| A des difficultés pour boire | *Éviter de pencher la tête en arrière. *Utiliser une paille ou un verre à bec verseur. * Épaissir les boissons. |
L’activité physique
Elle permet d’améliorer sa santé et préserver son autonomie. Elle stimule l’appétit et permet de conserver, voire d’améliorer la masse musculaire. Il faut se fixer des objectifs réalistes et réalisables pour ne pas se décourager.
Il est possible de bénéficier de l’APA (= Activité Physique Adapté) et de trouver les centres agrées sur le site de l’assurance maladie.
Il existe également de nombreux programmes ou vidéos en ligne proposés par des kinésithérapeutes.
Prévention
Les personnes âgées dites « fragiles » sont un public vulnérable. Face au sentiment d’impuissance devant une maladie grave et/ou incurable, il est légitime de chercher des solutions partout où l’on peut. Malheureusement, devant la pénurie et les délais des professionnels, des « praticiens » alternatifs ont flairé le bon filon. Certaines pratiques ou conseils alimentaires peuvent-être influencés par des mouvements mettant en danger la santé de leur adepte. Ici, un exemple sous forme de témoignage, et un résumé de l’affaire autour du jeûne et du crudivorisme.
A ce sujet, le conseil de l’ordre infirmier a publié des recommandations très intéressantes sous forme de fiches sur les pratiques non-conventionnelles.
Assurez-vous de la fiabilité des sources, voir mon article pour effectuer une recherche documentaire.
Méfiez-vous des promesses irréalistes (guérison miraculeuse, méthode révolutionnaire et novatrice, perte de poids rapide).
Ne vous isolez pas. Parlez-en à vos proches et à de véritables professionnels de santé. En cas de doute, rapprochez-vous du site de la Mivilude (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).
- Andreu-Reinón ME et al. Mediterranean Diet and Risk of Dementia and Alzheimer’s Disease in the EPIC-Spain Dementia Cohort Study. Nutrients 2021; 13:700. 22 février 2021 et étude de cohorte prospective de la UK Biobank, BMC Medicine, 14 mars 2023. ↩︎
Sources :
- La santé en mangeant et en bougeant – Le guide nutrition pour les aidants des personnes âgées.
- Synthèse de la Haute Autorité de Santé sur la dénutrition des personnes âgées.
- Avis de l’Anses relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS – pour les femmes dès la ménopause et les hommes de plus de 65 ans
Si vous avez des questions ou besoin d’un accompagnement psychologique personnalisé, merci de prendre contact via le formulaire.
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